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Une Jeune fille en guerre La lutte antifasciste d'une génération Préface de Gilles PERRAULT « Voilà bien le livre le plus étonnant, le plus romanesque, le plus bouleversant qu'il nous ait été donné de lire depuis très longtemps . » Gilles Perrault. Singulière enfance, étonnante jeunesse, en effet, que celles de Maroussia Naïtchenko : une mère, d'origine noble et fortunée, éprise de justice sociale, lui donne une éducation très libre et, en 1935, l'inscrit, à l'âge de douze ans, aux Jeunesses communistes du VIIe arrondissement de Paris. Dès lors, la vie de Maroussia se confond avec celle d'une génération militante débordant d'espérance et d'énergie. A dix-sept ans, après des années de lutte antifasciste laissant peu de place pour l'école, la jeune fille s'engage naturellement dans la Résistance. Ce récit émouvant, mais non dépourvu d'humour, restitue la souffrance de ces jours où le danger renforçait la fraternité de cette poignée d'adolescents entrée, dès l'été 41, dans le combat armé contre l'occupant nazi. Le quotidien est alors fragile, éprouvant : c'est l'angoisse de l'arrestation et de la torture, la maladie aggravée par les privations de la clandestinité, le mariage au camp d'internement de Compiègne, à la veille de la déportation de son ami. Puis l'incompréhensible et douloureuse mise à l'écart par l'appareil politique et, en 1944, l'inique exclusion du Parti communiste avec le risque d'une exécution sommaire par les camarades. Quand survient la Libération, avec son cortège de désillusions, Maroussia a vingt et un ans et a beaucoup vécu. Mais la plupart de ses compagnons, à qui ce livre est dédié, ont disparu dans la tourmente. 424 p., 21 euros, 2003, ISBN 2-911416-82-1 |
JOURNAL DU
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Paroles de bourreau Témoignage unique d'un exécuteur des arrêts criminels Recueilli et présenté par Jean-Michel Bessette Algérie (Batna) : J'ai assisté à ma première exécution en juillet 1947. j'avais tout juste seize ans. Ce matin-là, j'étais à deux doigts de dire : « Je n'y vais pas. » Parce que quand même, voir un homme mourir comme ça... Ça a été rapide. A peine trois secondes depuis le pied de la guillotine. Mais toute cette attente et ce silence pesant depuis presque une heure m'oppressaient à tel point que, lorsque la lame est tombée, je me rappelle avoir poussé un petit cri : « Ahhh ! » Oui... quand j'ai vu que sa tête était entre les montants et que ça allait être la dernière seconde... J'ai vu le gars basculer, la lame est tombée... Et puis alors le sang... Bon, la première, la deuxième et puis après, c'est pas qu'on s'habitue, mais une fois dans l'équipe, on a une tâche bien précise, on se concentre sur le travail à faire. Fernand Meyssonnier est le premier et le dernier exécuteur de France à s'exprimer. Ce témoignage exceptionnel que l'abolition de la peine de mort rend à jamais unique expose en pleine lumière la mise en œuvre de la peine capitale et révèle le fonctionnement ambigu de l'« abattoir solennel » en Algérie depuis les années trente jusqu'à l'Indépendance. Cette autobiographie d'un homme « ordinaire », doté par la société du pouvoir exorbitant de tuer, retrace sans tabou ni censure la formation, la situation et la pratique de celui que l'on désignait communément sous le nom de « bourreau ». Fernand Meyssonnier est né en 1931 en Algérie. 320 p., nombreuses photos et documents inédits, Traduit en russe 20 euros, 2002 ISBN : 2-911416-71-6 |
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L'Enfant hérisson Autobiographie d'une autiste Katia Rohde est autiste. Elle a aujourd'hui vingt-huit ans et depuis toujours, elle parle à peine, ne peut ni se laver, ni s'habiller, ni se nourrir seule. Incapable d'un geste maîtrisé, il lui arrive fréquemment, de façon imprévisible, de crier à tue-tête et de manifester violence et agressivité. Considérée comme « handicapée mentale » jusqu'en 1994, Katia Rohde fréquente des institutions spécialisées jusqu'au jour où une éducatrice, Marie, découvre sa vive intelligence et sa prodigieuse mémoire, puis pratique avec elle la méthode de la Communication soutenue. Cette méthode basée sur un simple contact du bras permet au patient de toucher les lettres d'un clavier avec son index, et ainsi de s'exprimer. En fait, à l'insu de tous ceux qui la côtoient, Katia sait lire depuis longtemps sa langue maternelle, l'allemand. Elle connaît aussi le français, l'anglais, l'arabe, a des notions de latin, de russe, d'italien et même de suahéli...! Avec l'aide de sa mère, Katia Rohde écrit alors son « autobiographie » ses terribles tourments, ses étranges sensations, ses désirs inassouvis. Murée dans son silence, enfermée sous le regard des autres, Katia le hérisson c'est ainsi qu'elle se surnomme nous livre ici un texte d'une richesse poétique étonnante, nourri d'images singulières, et un témoignage exceptionnel sur la vie intérieure d'une autiste. Katia Rohde, de nationalité allemande, est née en 1971. Traduit en italien 168 p., 18 euros, 1999, ISBN 2-911416-28-7 |
Décembre 1999
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Les Chants de l'ombre Tragédie d'un enfant espagnol Préface d'Yves COPPENS Fils naturel d'un riche avocat, amateur d'art, Saülo Mercader, né en 1944, vit ses premières années dans l'atmosphère luxueuse de l'imposante maison paternelle. Mais l'Espagne franquiste ne tolère guère ces enfants nés hors mariage et, du jour au lendemain, le père livre à la rue mère et enfants. Le destin de Saülo bascule alors dans l'horreur quotidienne des inclusas, camps où la dictature fait subir les pires sévices aux enfants orphelins ou adultérins. Recueilli à sept ans par un chiffonnier ambulant qu'il accompagne en vendant des statuettes sculptées de ses propres mains, Saülo aide ensuite un berger, puis se retrouve sur le port, accablé par la faim, les humiliations et le travail harassant. Saülo, toutefois, en échange de ses dessins, apprendra à lire et puisera, au contact des exclus, d'étonnantes sources d'inspiration. Dans cet ouvrage poignant, Saülo Mercader tient la promesse faite un soir à ses anciens compagnons de misère de témoigner de leur martyre commun. Acteur exceptionnel d'un pan ignominieux occulté et ignoré de l'histoire espagnole, il trouvera dans sa création une formidable rage de survivre. Saülo Mercader est aujourd'hui un peintre et un sculpteur de renommée internationale. Trente dessins originaux. Saülo Mercader est docteur en arts plastiques 208 p., 18 euros, 2000, ISBN 2-911416-33-3 |
JOURNAL DU |
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Quelques années de trop Pour mourir dignement La spectaculaire prolongation de l'espérance de vie a pour terrible conséquence le surgissement d'une nouvelle catégorie de reclus, d'enfermés, de « laissés-pour-compte » : les très grands vieillards, le plus souvent malades mentaux et infirmes incontinents. S'appuyant sur sa propre expérience douloureuse la vieillesse de ses parents Pierre Leschemelle s'attache à montrer la cruauté de ces années de trop, vécues comme un calvaire à la fois par l'entourage et par ces hommes et ces femmes déchus par la sénilité et sombrant dans le naufrage de la mémoire, de l'intelligence, de l'identité. Décrivant en termes réalistes et éprouvants cette perte d'humanité, l'auteur demande la reconnaissance médicale du droit à une mort douce et digne. Il ne s'agit pas de faire fi du serment d'Hippocrate, mais d'apporter à ces êtres devenus végétatifs le soulagement d'une fin sereine. 208 p.,19 euros, 2001, ISBN 2-911416-44-9 |
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Le Bonheur est dans la classe Histoires d'un professeur de musique « Je suis professeur de musique dans un collège de Touraine... Je savoure jour après jour la chance de galoper avec mes petits dans des chemins de traverse, observant entre deux morceaux de flûte la quintessence de l'enfance, l'âge idéal, ni vermisseaux hurlants sur roulettes ni jeunes pousses de start-up. Je vis en autarcie telle une huître heureuse au fond d'un océan de marmots, plus de quatre mille dans ma vie, trois mille neuf cent quatre-vingts aimés, vingt détestés gravés à jamais dans ma mémoire. Il m'en reste à découvrir cinq ou six mille. Un énorme paquet de visages pour plus tard, quand je ne les verrai plus et qu'ils me manqueront. Rien ni personne ne m'empêchera d'apprendre qu'une croche vaut deux noires, que la gamme commence par do-sol-ré-si. Je dirai que Lara Fabian est une cousine de Bach, que Johnny vient de téléphoner à Mozart pour finir son Requiem avec lui, que Beethoven est mon pote, on fait du roller ensemble, j'apprendrai l'erreur au lieu de la vérité, les inspecteurs ectoplasmiques croisant mes yeux une demi-heure tous les quinze ans. » Marie-Véronique Gauthier est professeur agrégée de musique 184 p., 16 euros, 2001, ISBN 2-911416-54-6 |
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