MICHEL VIEGNES
Imaginaires des Points Cardinaux
Imaginaires des points cardinaux

Les points cardinaux font l’objet d’un riche investissement imaginaire et symbolique dans la plupart de nos cultures : des significations religieuses, historiques, politiques ou simplement affectives se superposent ainsi à leur base naturelle, déterminée par les pôles magnétiques et le sens de la rotation de la Terre. Nord, sud, est et ouest constituent bien, pour de nombreux peuples, les « quatre angles du monde ». cette quaternité contribue à leur symbolisme cosmique, même si certaines civilisations, telles la Chine ou l’ancienne Perse, y ajoutent le centre comme cinquième direction.

Les études recueillies dans cet ouvrage sont au carrefour de nombreuses disciplines, allant de la géographie à la littérature, en passant par l’histoire des religions, l’histoire de l’art, la philologie et l’étude des mythes. Elles couvrent un vaste champ historique, de l’Antiquité à l’époque contemporaine, ainsi qu’un territoire géoculturel qui n’exclut quasiment aucune partie du monde.

Une meilleure compréhension de ces représentations de l’espace, qui furent parfois facteurs de divisions, voire d’oppositions, est sans doute plus urgente que jamais, dans un monde que notre histoire récente a réduit à un village global où l’homme peut se sentir curieusement « désorienté ».

Illustrations.

Michel Viegnes est maître de conférences à l’Université Stendhal Grenoble-III et membre du Centre de Recherche sur l’Imaginaire.
Il a dirigé, aux Éditions Imago,
Imaginaires du vent (2003).

416 p., 29 euros, Prix TTC France, ISBN : 2-84952-018-7

GERARD GÉLINAS
Enquête sur les Contes de Perrault

Enquête sur les Contes de Perrault

Se pourrait-il que l'une des raisons du succès immense et sans cesse renouvelé des Contes de ma mère l'oye auprès des enfants vienne de ce que l'auteur était lui-même un enfant, comme le prétend Pierre Darmencour qui signa la dédicace de ce recueil à l'intention de la nièce de Louis XIV ? Cherchant sans doute à donner des titres de noblesse au genre mineur des contes de fées devenus à la mode, on rattacha un peu vite le volume à l'illustre Charles Perrault. Mais au terme de cette minutieuse enquête, on en viendra peut-être à parler des « contes de Perrault fils », comme on se réfère aux ouvrages de Dumas fils. Et la présente réouverture du dossier Perrault, grâce à ces nouveaux éclairages, nous permettra de réinterpréter une œuvre, jusqu'alors restée très énigmatique.

Docteur en philosophie,
Gérard Gélinas est professeur à Montréal (Québec).

272 p., 22 euros, 2004, ISBN 2-911416-95-3

MARC GIRARD
Les Contes de Grimm
Les Contes de Grimm

Lecture psychanalytique

Les Contes de Grimm n'ont jamais cessé de nous fasciner car ils décrivent avec une étonnante pertinence les difficultés et les enjeux de nos relations familiales et amoureuses. A travers la lecture de nombreux contes, Marc Girard révèle ainsi les effets dramatiques de la malfaisance et de l'incompréhension parentales. Puis il analyse la puissance génératrice de l'amour, qui soutient, répare, façonne le héros, et lui donne la force de surmonter les tourments qu'il endure, tout comme ses propres insuffisances...

A l'inverse de la tradition dominante en Occident — celle de Tristan et Iseult —, les Contes de Grimm n'allient pas l'amour à la mort : surprenants, subversifs, ils chantent la réalisation du désir dans la vie, le droit des amants contre un ordre social dénué d'âme, l'aptitude à briser, pour ceux qui s'aiment, la fatalité qui sépare et détruit.

Marc Girard est docteur en médecine et collabore à différentes revues littéraires.

160 p., 18 euros, 1990, ISBN 2-902702-63-9

MIREILLE PIAROTAS
Des Contes et des Femmes

Des Contes et des Femmes

Le Vrai visage de Margot

Blanche-Neige, Peau d'Ane ou la Belle au bois dormant sont pour nous autant d'images d'héroïnes douces, passives et soumises. Mais à y regarder de plus près, les contes se révèlent plus complexes et laissent apparaître des femmes au caractère hors du commun. Leur relation privilégiée à la nature, leur capacité à conduire l'homme à « maturité », leur pouvoir magique de guérison ou de divination en font un être fascinant et redouté. Prend-elle une quenouille ? Elle agit sur le fil du temps. Tisse-t-elle une toile ? Elle dispose de la trame de l'existence.

Femmes puissantes, trop puissantes... En réaction va naître le conte misogyne où la femme « dangereuse » deviendra notamment sorcière. Même la plus jeune et la plus innocente recèlera alors de diaboliques potentialités et il conviendra à l'homme de se montrer vigilant ! S'appuyant sur les contes populaires, mais centrant surtout son analyse sur les contes de Grimm, Perrault et Afanassiev, Mireille Piarotas montre que le conte évolue avec l'histoire des mœurs et des idées et constitue une sorte de témoignage social et ethnologique, nous livrant ainsi une véritable « histoire des femmes ».

Mireille Piarotas est maître de conférences de littérature française à l'Université d'Orléans.

Traduit en bulgare .

240 p., 14 euros, 1996, ISBN 2-902702-98-1

GENEVIEVE ARFEUX-VAUCHER
La Vieillesse et la Mort, dans la littérature enfantine
La Vieillesse et la Mort

dans la littérature enfantine

Voici, sur la trace des vieilles gens, un voyage inattendu au pays de la littérature enfantine. Comment vieillesse et mort sont-elles présentées dans les livres scolaires et les livres de loisirs ? Quelles observations, quels préjugés ou quels projets guident le choix des écrivains et des illustrateurs ?

L'apparence physique des vieux et des vieilles, leurs principales activités, leurs lieux favoris, leurs handicaps, leurs rapports parfois difficiles avec les autres générations et leurs liens privilégiés à l'enfance sont mis ici en lumière. Derrière la variété des textes et des illustrations apparaissent de grands stéréotypes, mais se dessinent aussi l'évolution des sensibilités et la diversité des intentions pédagogiques, les préoccupations de notre société confrontée au vieillissement.

Inquiétants ou protecteurs, les vieilles gens que nous décrit Geneviève Arfeux-vaucher introduisent dans le livre pour enfants une précieuse réflexion sur la solidarité, le temps qui passe et le sens de la vie.

Prix Charles Perrault 1994.

Geneviève Arfeux-Vaucher est professeur de psychologie
et de sciences de l'éducation
à l'Université de Paris-V et de Paris-VIII.

288 p., 21 euros, 1994, ISBN 2-902702-85-X

ALAIN MONTANDON
Du récit merveilleux

Du récit merveilleux

ou l'ailleurs de l'enfance

Le merveilleux n'a rien d'une fuite vers un ailleurs mièvre, infantile, douceâtre et oublieux de la vie quotidienne mais, bien au contraire, réactualise sous d'autres formes angoisses et conflits intimes.

Espace de liberté, fantaisie ludique et poétique, le récit merveilleux révèle de manière originale, avec la distance et la rupture qui lui sont propres, les maux de la famille, de la société, de l'époque de son auteur. Animant nos premières rêveries, il désigne les tourments, les peurs, les doutes, individuels ou collectifs — la Toscane du XIXe siècle pour Pinocchio, la peur de grandir pour l'auteur de Peter Pan, la dépression pour Saint-Exupéry, la crise américaine pour le Magicien d'Oz et ET — et tous les avatars d'une Histoire sans fin qui peuplent nos bibliothèques, histoire sans fin de la lecture, nous permettent de retrouver la précieuse saveur de l'enfance.

S'appuyant sur une riche analyse, tout à la fois littéraire et psychanalytique, de six histoires connues de tous, Alain Montandon nous invite à une lecture sociopoétique des grands récits fondateurs de l'imaginaire enfantin.

Alain Montandon est professeur de littérature générale et comparée
à l'Université Blaise Pascal de Clermond-Ferrand.

Traduit en roumain

Prix Charles Perrault 2002

232 p., 20 euros, 2001, ISBN 2-911416-55-4

DANIELE CHAUVIN, ANDRÉ SIGANOS
et PHILIPPE WALTER (Sous la direction de )
Questions de Mythocritique
Questions de Mythocritique

Dictionnaire

Orphée, Don Juan, Faust ou encore le Peuple, le Progrès, Venise mais aussi les algues tueuses, le sidaŠ,peut-on vraiment dire, comme l'a affirmé Barthes, que tout est « mythe » ? Etude des mythes en littérature, la mythocritique connaît aujourd'hui un essor important et une mise au point — terminologique, théorique et méthodologique — s'avérait nécessaire.

Réunissant des spécialistes reconnus, ce dictionnaire propose tout à la fois d'explorer le mythe dans de multiples domaines — Antiquité, Bible, biographie, épopée, fantastique, musique, poésie... — et d'en exposer les méthodes d'analyse. Loin de chercher à fixer des bornes, à définir des concepts, en somme, à offrir un bilan clos, les auteurs présentent, au contraire, un bilan dynamique des approches contemporaines sur — et autour de — la mythocritique. Ceci, sans enfermer leur propos dans le carcan d'un traité, ce qui contredirait l'ouverture de cette discipline aux autres champs de la critique.

Réflexion rigoureuse sur le mythe, le symbole et l'imaginaire, cet ouvrage a pour but de susciter de nouvelles recherches, des recherches d'autant plus passionnantes qu'elles nous initient à la richesse des cultures et aux trésors inépuisables des littératures de tous les temps.

Danièle Chauvin est professeur

376 p., 25 euros, ISBN : 2-84952-009-8

FRANÇOIS ROSSET
L'Arbre de Cracovie
L'Arbre de Cracovie

Le mythe polonais dans la littérature française

Placé sous le signe de l'Arbre de Cracovie — célèbre marronnier du Palais-Royal symbolisant autrefois la présence de la Pologne en France — cet ouvrage étudie l'image de la Pologne dans les lettres françaises. Cette lointaine contrée, par ses traits originaux et son histoire tumultueuse, parfois liée à la nôtre, a toujours suscité intérêt, curiosité ou enthousiasme.

Associant approche historique et analyse littéraire, François Rosset retrace l'élaboration des motifs polonais tels qu'ils apparaissent, du XVIe au XXe siècle, dans plus de deux cents œuvres, non seulement chez les grands auteurs, comme Ronsard, Rousseau, Voltaire, Constant, Balzac ou Jarry, mais aussi chez des écrivains oubliés ou méconnus.

De la belle Polonaise au troublant exotisme oriental, du pauvre et mystérieux réfugié, touchant le cœur des romantiques, jusqu'au père Ubu, « roi des Polaques », la prégnance symbolique du pays de l'aigle n'a cessé d'animer notre rêverie et d'enrichir notre imagination créatrice.

François Rosset est professeur de littérature française à l'Université de Lausanne.

Traduit en polonais .

272 p., 21 euros, 1996, ISBN 2-911416-00-7

EMMANUEL GODO (sous la direction de)
La Prière de l'écrivain

Toute prière — murmurée ou hurlée, chantée ou récitée, litanique ou improvisée — dénude, ressource, désarme et rapproche de l'essentiel. André Gide, que l'on ne croirait pas expert en la matière écrit : « La prière est la forme oratoire de l'âme. » Et l'on saisit dès lors le lien secret unissant prière et littérature.

Les études réunies ici s'interrogent à travers l'œuvre de plusieurs écrivains — Racine, Balzac, Hugo, Baudelaire, Huysmans… — sur la façon dont la forme de la prière est capable de stimuler tout à la fois la création littéraire et la réflexion sur le processus créateur. L'écrivain peut dire sa prière de croyant en mettant son art au service de ce qu'il célèbre ou demande. Mais l'écrivain sans foi peut aussi donner à sa pensée, à ses aspirations secrètes, ou à ses pleurs, une forme de prière. Et la parole humaine retrouve bien là sa vocation première : celle d'appeler dans le noir.

Ainsi au cœur des détresses les plus profondes, des incroyances les plus opiniâtres, dès lors qu'il y a écriture, n'y a-t-il pas appel et acte de foi ? Jetée en désespoir ou en connaissance de cause, toute œuvre littéraire ne peut-elle être lue comme une prière ?

Emmanuel Godo est maître de conférences de littérature française
à l'Université de Lille.

240 p., 21 euros, 2004, ISBN 2-84952-000-4

EMMANUEL GODO (sous la direction de)
La Conversion religieuse
La Conversion religieuse

Chute sur le chemin de Damas, extase derrière un pilier de cathédrale, voix divine entendue au sein d'une prison... : notre imaginaire est peuplé de scènes de révélations ou d'illuminations qui, de saint Paul à Pascal, de Verlaine à Claudel, nous invitent à penser que le sens d'une vie peut radicalement changer en un instant de pivotement, terrible et lumineux.

Emmanuel Godo réunit, dans cet ouvrage, des chercheurs venant de divers horizons — littérature, histoire, théologie, philosophie — pour tenter de mieux comprendre le phénomène de la conversion religieuse. Conversions collectives du haut Moyen Âge ou conversions singulières de grands écrivains — Max Jacob, Pierre Jean Jouve, Julien Green... —, représentations ou dépréciations romanesques de ces brusques révolutions de l'âme, volonté missionnaire de convertir l'autre, les multiples aspects de cette fascinante expérience se trouvent ici étudiés.

Ainsi, tout au long de ces pages, sommes-nous confrontés à l'étonnante part de mystère qui, surgissant parfois au cœur de l'homme, peut soudain métamorphoser son destin.

Emmanuel Godo est maître de conférences de littérature française
à l'Université de Lille.

400 p., 22 euros, 2000, ISBN 2-911416-36-8

EMMANUEL GODO (sous la direction de)
Littérature, Rites et Liturgies

Avec ses inspirés, ses voyants et ses iconoclastes, la littérature s'est toujours sentie investie d'une mission religieuse. Et de Barbey d'Aurevilly à La Tour du Pin, de Ronsard à Gide, de Huysmans à Cendrars, de Nerval à Proust, de Barrès à Cocteau, se retrouve la même fascination pour le rite sacré.

Mais pourquoi et comment des écrivains aussi divers — croyants ou athées, respectueux ou profanateurs — s'approprient-ils les formes et les contenus de la liturgie ? Emmanuel Godo, réunissant divers chercheurs autour de cette interrogation sur les enjeux spirituels de l'écriture, nous offre ici une réflexion riche et originale sur la place et le rôle du rite dans la création littéraire.

Emmanuel Godo est maître de conférences de littérature française
à l'Université de Lille.

312 p., 22 euros, 2002, ISBN 2-911416-68-6

MICHELVIEGNES (Sous la direction de )

Imaginaires du vent

Le vent, dieu ou démon ? Emanation de la divinité ou dragon, serpent, cheval, monstre qu'il faut enfermer dans quelque caverne ? On pourrait poursuivre sans fin l'ambivalence du vent dans l'imaginaire.

Invisible, mobile, le vent n'est perceptible que par ses effets et ne se manifeste que par les interstices où il s'engouffre, les ballons qu'il gonfle, les voiles qu'il fait claquer, les objets qu'il déplace, les frissons qui parcourent notre peau. De la brise caressante au typhon qui fait voler les toits, du tourbillon des feuilles mortes aux nuages qui filent dans le ciel, cet « air en mouvement » nous enveloppe, nous inquiète, nous malmène et nous heurte, mais toujours nous émeut.

Dans cet ouvrage, spécialistes de littérature, de peinture, de mythologie et de cinéma, mais aussi poètes et artistes, s'interrogent sur la représentation du vent — élément par excellence de l'imagination dynamique et créatrice — de l'Antiquité à nos jours.

Michel Viegnes est maître de conférences de littérature française
à l'Université Stendhal-Grenoble-III
et membre du Centre de Recherche sur l'Imaginaire.

328 p., 23 euros, 2003, ISBN : 2-911416-87-2

L'Erotique des lunettes

L'Erotique des lunettes

Visibles comme le nez au milieu de la figure, les lunettes sont affectées, selon leur esthétique, de diverses significations, et tiennent aujourd'hui une place croissante dans le registre du paraître et de la séduction. Dans ce livre, pour le moins insolite, Franck Evrard souligne la fonction de cet objet intime au théâtre de l'érotique et, dans cette « optique », s'appuie sur de nombreuses œuvres littéraires et cinématographiques - celle de La Fontaine, Poe, Hoffmann mais aussi Hitchcock, Truffaut, Woody Allen et bien d'autres... Loin de la traditionnelle mythologie des yeux « miroirs de l'âme », les lunettes introduisent — à travers leur écran transparent, fumé ou noir — distance, mystère et fantasmes dans le subtil corps-à corps-amoureux. A lire avec des...

Franck Evrard est l'auteur de nombreux essais,
et directeur de la revue littéraire
Contre-vox.

Traduit en coréen .

160 p., 18 euros, 2003, ISBN 2-911416-77-5

ARLETTE BOULOUMIE ET ISABELLE TRIVASINI-MOREAU
(sous le direction de)
Le Génie du lieu

Des paysages en littérature

Préface de Michel Tournier

« Une étendue offerte à la vue », telle est la définition du paysage que propose le dictionnaire. Mais plus qu'un simple reflet de la réalité, ne serait-il pas plutôt l'image très subjective issue d'une perception personnelle et culturelle ? La montagne, qui suscite généralement répulsion avant Rousseau, ne devient-elle pas paysage sublime dès le siècle des Lumières ?

Immergé dans l'espace, imprégné par tous ses sens, l'écrivain, selon son tempérament et son histoire, trouve différents accords avec le paysage. Certains auteurs y voient l'expression de ce qui est radicalement étranger à l'homme ; d'autres intériorisent un site, qui devient alors paysage état d'âme. D'autres encore se révèlent très réceptifs à l'empathie de l'homme et du cosmos, au jeu subtil des correspondances...

De Chrétien de Troyes à Julien Gracq, de Gérard de Nerval à Patrick Chamoiseau, cet ouvrage, qui nous entraîne des régions familières aux horizons lointains, constitue, à travers la diversité des regards, autant de méditations sur le génie des lieux.

Arlette Bouloumié est professeur de littérature française à l'Université d'Angers.

Isabelle Trivisani-Moreau est maître de conférences de littérature française
à l'Université d'Angers.

384 p., 25 euros, 2005 ISBN : 2-84952-11-X

ARLETTE BOULOUMIE (sous le direction de)
Écriture et maladie
Écriture et maladie

« Du bon usage des maladies »

Préface de Michel TOURNIER

Nietzsche et la folie, Dostoïevski et l'épilepsie, Thomas Mann et la tuberculose, Baudelaire et la syphilis, ou plus près de nous, Hervé Guibert et le sida. On associe souvent les noms de grands écrivains au mal qui les rongeait, tant il est vrai que le génie semble entretenir un rapport mystérieux avec la destruction du corps.

S'appuyant sur des exemples du XIXe et du XXe siècle, cet ouvrage montre la façon dont nombre de créateurs firent face à la maladie par l'écriture, y puisant une source d'inspiration ou l'affrontant à travers les mots. Ce captivant ensemble de cas met en lumière la confrontation du langage et de la douleur indicible, du verbe et des forces de mort, plaçant ainsi la recherche du sens de la souffrance au cœur même de la littérature.

Arlette Bouloumié est professeur de littérature française
à l'Université d'Angers.

Traduit en roumain

352 p., 23 euros, 2003, ISBN 2-911416-76-7

LUCIE-ANNE SKITTECATE
Vers une morale du XXIe siècle, Lucie-anne SKITTECATE
Vers une morale du XXIe siècle

Essai sur des rencontres paradoxales

Un essai philosophique qui cherche à dégager des voies de réflexion pour le siècle à venir, en s’appuyant sur la richesse de la pensée paradoxale.

Lucie-Anne Skittecate est psychanalyste et docteur en philosophie.

192 p., 18 euros, 2000, ISBN 2-911416-32-5

CLAUDE SCHNERB
Du Rire
Du Rire

Comique, esprit, humour

« Le rire est le propre de l'homme », dit Rabelais. Et d'Aristote à Descartes, de Bergson à Freud, les théories pour tenter d'expliquer cette étrange tempête qui soudain nous secoue sont nombreuses et contradictoires.

Claude Schnerb s'attache ici à dévoiler les différentes facettes de cette brutale rupture à la fois physique et psychique et à en distinguer les sources : le comique, l'esprit, l'humour.

Retenu, saccadé ou explosif, le rire, nous dit l'auteur, par son expression primitive, nous affranchit des contraintes de l'ordre et nous amène, en un éclair saisissant le corps et l'âme, à la révélation quasi métaphysique d'une liberté absolue...

Claude Schnerb a publié de nombreuses pièces de théâtre.

128 p. 15 euros, 2003, ISBN 2-911416-83-X

CHANTAL GLEYSES
La Femme coupable
La Femme coupable

Petite histoire de l'épouse adultère au XIXe siècle

Au XIXe siècle, la femme adultère s'impose aux écrivains avec la force d'une obsession. Des vertiges de la tentation au retour souvent repentant à la monotonie du foyer conjugal, toute une littérature met en scène les états d'âme et la vie cachée de l'épouse coupable.

Recherchant les causes de cette fascination, et s'attachant plus particulièrement à l'époque de Maupassant, Chantal Gleyses montre la femme étroitement définie, limitée par la cellule familiale, et gardienne à son corps défendant, par son abnégation et sa vertu, de l'ordre bourgeois. Réprouvé d'un point de vue moral, l'adultère féminin — au contraire de l'adultère masculin, naturel et toléré — revêt toute la noirceur du péché, la violence de la subversion sociale.

Réprobateurs bien-pensants ou cyniques libertins, romanciers et essayistes soupçonnent, épient, dénoncent l'épouse dans ses dévoiements, s'interrogent sur la faiblesse et la duplicité de la nature féminine. Au temps des premiers débats sur le divorce ou sur la contraception, nous voici dans l'alcôve, suivant le regard des hommes de lettres sur la sexualité et le désir d'émancipation des femmes.

Chantal Gleyses est docteur ès lettres.

256 p., 21 euros, 1994, ISBN 2-902702-82-5