DENIS ROLLAND
 

La Grève des tranchées

Les mutineries de 1917

En 1917, avec l’offensive Nivelle et la terrible bataille du Chemin des Dames, l’armée française, déjà épuisée par trois années de guerre, subit à nouveau une insupportable hécatombe.

Sur le front, les conditions de vie — ou de survie — des poilus sont effroyables : situation matérielle et sanitaire déplorable, démoralisation face à un conflit qui dure, retard considérable des permissions, carence manifeste des états-majors et, bien sûr, éprouvante promiscuité du sang et de la mort. Influencés par les mouvements sociaux de l’arrière, mais surtout lassés par des combats absurdes et meurtriers, des soldats se mettent « en grève » et refusent de se battre. Longtemps couvertes par le secret défense, ces « mutineries » de grande ampleur et leur répression — allant des peines de prison aux « exécutions pour l’exemple » — ne cesseront d’alimenter rumeurs et polémiques.

Afin de mieux comprendre le déclenchement et la propagation de ces insurrections, et de cerner plus précisément la personnalité des « rebelles », de leurs officiers et de leurs juges, l’auteur croise archives militaires et témoignages. Par cet ouvrage qui fera date dans l’historiographie de la Grande Guerre, Denis Rolland dissipe nombre de préjugés et rétablit dans sa dimension humaine une tragédie jusqu’alors mal connue.

Illustrations, cartes et tableaux, deux index.

Denis Rolland est président de la Fédération des Sociétés historiques de l’Aisne et de la Société historique de Soissons.

Nicolas Offenstadt est historien, maître de conférences à l’Université Paris I Panthéon-Sorbonne.

448 p., 23 euros, Prix ttc France, 2005, isbn : 2-84952-020-9


Article dans

du 13/10/05

A l'affiche
AU NOM
DU PEUPLE
FRANÇAIS

JEAN-FRANÇOIS JAGIELSKI
 

Le Soldat inconnu

Au matin du 28 janvier 1921, sous un ciel qui semblait lourd du deuil des innombrables morts de la Grande Guerre, eut lieu sous l’Arc de triomphe de l’Étoile la cérémonie d’inhumation du Soldat inconnu. Ce dernier, choisi parmi huit corps de combattants anonymes « morts pour la France », et regroupés à la citadelle de Verdun, allait désormais reposer au cœur de la capitale. Une flamme quotidiennement ravivée éclairerait cette tombe pour toujours.

Cependant, ce symbole, qui aurait dû théoriquement rassembler, suscita d’emblée de nombreuses polémiques. Récupéré par les uns et dénoncé par les autres, de l’extrême droite à l’extrême gauche, le tombeau devint très vite un point de cristallisation des querelles idéologiques franco-françaises.

« Inventé » par les hautes autorités politiques et militaires de l’après-guerre en réponse au désarroi du pays meurtri, pour donner notamment une sépulture emblématique aux trois cent mille disparus, le Soldat inconnu prit d’emblée une place importante dans la mémoire nationale. Ce culte, initié conjointement par les Français et les Britanniques, sera imité — et ce jusqu’à une période récente — par de nombreuses autres nations éprouvées par ce terrible conflit.

Illustrations.

Jean-François Jagielski a déjà publié aux Éditions Imago, en collaboration avec Thierry Hardier, Combattre et Mourir pendant la Grande Guerre, préface de Guy Pédroncini (2001, 2e éd. 2004).

256 p., 21 euros, Prix ttc France, isbn : 2-84952-021-7


Article dans
Article dans libération du 29-09-2005
du 29-09-05


 
JOSÉ CUBERO
 
 Nationalistes et étrangers, José Cubero

Nationalistes et Etrangers

Le Massacre d'Aigues-Mortes (1893)

En août 1893, dans les salins d'Aigues-Mortes, une rixe opposant des ouvriers français à des ouvriers immigrés italiens se termine par un massacre. A l'origine de cet affrontement meurtrier, se trouve le problème de la « protection du travail national », de la « préférence nationale ».

A partir des articles de presse, des rapports de gendarmerie et des comptes rendus de procès, José Cubéro retrace les faits, puis en démonte habilement tous les mécanismes. Il replace la tuerie au cœur des passions et des fantasmes xénophobes qui, de Sedan à l'affaire Dreyfus, agitent la nation française. Discours cocardiers et nationalistes — parfois radicalisés par les rivalités coloniales — prônent alors la chasse à l'Italien, aux nouveaux « Sarrasins » qui « volent le pain des Français ».

Alimentée par une italophobie grandissante, émerge ainsi, au-delà de tout clivage politique, la « question des étrangers ». Les tragiques événements d'Aigues-Mortes, véritables symptômes d'une société en crise et en quête de boucs émissaires, mettent en évidence la nature des phénomènes d'exclusion et de rejet de l'étranger qui perdurent souvent aujourd'hui.

José Cubero est agrégé d'histoire

256 p., 21 euros, 1996, ISBN 2-902702-96-5

 
ANNIE STORA-LAMARRE
 LxEnfer de la IIIe République

L'Enfer de la IIIe République

Censeurs et pornographes (1891-1914)

Préface de Michelle PERROT

Au début de la IIIe République, la pornographie, répandant le feu du désir pervers, représentait aux yeux d'une élite un redoutable poison menaçant de ronger de l'intérieur l'édifice social. L'alphabétisation, qui multiplie les lecteurs, la liberté de la presse et le développement de l'édition n'allaient-ils pas favoriser la diffusion des écrits obscènes ?

Par-delà les clivages politiques ou religieux, de puissantes ligues de moralité se constituèrent, en France et à travers toute l'Europe, bien décidées à protéger le public « faible » et vulnérable contre la suggestion du roman licencieux. Et faisant front contre le vice, la natalité déclinante et la décadence, les « entrepreneurs moraux » parvinrent, par leur influence grandissante, à limiter la liberté d'expression.

A partie de l'Enfer de la Bibliothèque nationale, où l'on rassemble alors les livres interdits, Annie Stora-Lamarre met au jour une culture soigneusement refoulée et analyse la lente métamorphose des thèmes occultés. Traçant le portrait d'éditeurs réprouvés, souvent liés aux milieux libertaires, ou de ligueurs ‹ tel René Bérenger, le fameux « Père la pudeur » ‹, elle observe finement le jeu complexe de la diffusion, avec ses réseaux clandestins, et de la répression des ouvrages érotiques : elle suit ainsi, de 1881 à 1914, la lutte des censeurs et des pornographes.

Histoire des fantasmes sexuels, mais aussi des peurs et des intolérances d'une époque, histoire politique d'une morale, cet ouvrage novateur éclaire, d'une façon qui nous concerne toujours, les rapports paradoxaux de la démocratie et de la censure.

Annie Stora-Lamarre est maître de conférences
à l’Université de Besançon.

266 p., 14 euros, 1990, ISBN 2-902702-57-4

 
PHILIPPE ARTIERES (Texte établi et présenté par )
 Drôle d'oiseau

Drôle d'oiseau

Autobiographie d'un voyou à la Belle Epoque

Emile Nouguier, jeune « apache » de la Belle Epoque, souteneur, chef de bande de voleurs, attiré par les thèses anarchistes, est incarcéré pour meurtre à la prison Saint-Paul de Lyon et condamné à mort. En 1899, il rencontre le Professeur Alexandre Lacassagne, fondateur de la criminologie française qui, accompagné de ses étudiants, rend souvent visite aux détenus.

A la demande du professeur, qui remarque son goût pour l'écriture et souhaite comprendre les motivations profondes des délinquants, Emile Nouguier entreprend de rédiger son autobiographie et couvre alors à l'encre noire plusieurs cahiers d'écolier. Ainsi sont écrits Souvenirs d'un moineau ou les Confidences d'un prisonnier, étonnant témoignage d'un voyou à la fin du XIXe siècle. C'est un étrange compagnon de cellule, un moineau, qui raconte non seulement les événements de la vie chaotique de Nouguier, mais aussi les conditions de ses aveux. Emile Nouguier sera guillotiné en février 1900.

Philippe Artières nous fait découvrir cette œuvre surprenante et, dans un commentaire éclairant, met en relief tout l'intérêt de ce texte majeur pour l'histoire de la déviance sociale.

Philippe Artières est docteur en histoire

160 p., 17 euros, 1998, ISBN 2-911416-11-2

 
PAUL TUFFRAU
 
 De la « drôle de guerre », à la Libération de Paris (1939-1944)

De la « drôle de guerre »

à la Libération de Paris (1939-1944)

Lettres et carnets

Paul Tuffrau, normalien, agrégé de lettres, fut témoin et acteur des deux guerres mondiales qui ravagèrent le XXe siècle. Pendant la Grande Guerre, il tient des Carnets — parus, en 1998, sous le titre 1914-1918, Quatre années sur le front — qui constituent un étonnant document sur l'enfer des tranchées.

En 1939, il a cinquante-deux ans. Engagé volontaire, il part en première ligne, vit la « drôle de guerre », puis participe aux combats acharnés d'Orléans qui évitent à ce qui reste de l'armée de Paris l'encerclement par l'ennemi. Éloigné des siens, il adresse à sa famille de nombreuses lettres où il évoque la situation militaire et politique si confuse à l'époque.

En août 1944, professeur à l'Ecole polytechnique, Paul Tuffrau note au jour le jour remarques et impressions. Parcourant la capitale, il observe l'attitude des derniers occupants, recueille les commentaires saisis au vol, décrit les réactions de la rue, restitue admirablement l'atmosphère incertaine qui règne dans la ville résonnant de coups de feu et traversée de rumeurs, de craintes et d'espoirs. Il raconte enfin l'arrivée des chars, les drapeaux surgissant aux fenêtres, la fuite éperdue des Allemands et l'éclatement du bonheur devant cet événement inouï : la Libération de Paris.

168 p., 18 euros, 2002, ISBN 2-911416-63-5

 
 
MARIE-VÉRONIQUE GAUTHIER
 
 Le Cur et le Corps

Le Cœur et le Corps

Du masculin dans les années soixante

Des hommes écrivent à Ménie Grégoire

Préface de Maurice AGULHON

Pour sa très célèbre et très populaire émission de radio sur RTL, Ménie Grégoire reçut, de 1967 à 1981, des milliers de lettres exposant un problème affectif, demandant un conseil, réagissant face à un thème débattu à l'antenne.

Dans cette énorme correspondance, déposée dans un fonds d'archives, Marie-Véronique Gauthier a dépouillé, puis finement analysé, les lettres écrites entre 1967 et 1969, dans lesquelles des hommes de tout âge, de tout milieu, de toute profession se dévoilent, sollicitent un avis, expriment leurs convictions, leurs colères, leurs souffrances... Dans ces mois qui précèdent et suivent mai 68, sont ainsi livrées interrogations ou opinions sur la famille, le mariage, le divorce, le Ménie Grégoire, l'avortement, la sexualité... Tout ceci du point de vue de l'homme.

Ces nombreuses confidences épistolaires permettent de dresser un véritable état des mentalités masculines, à une période charnière caractérisée par une étonnante mutation des mœurs.

Marie-Véronique Gauthier est docteur en histoire.

232 p., 18 euros, 1999, ISBN 2-911416-24-4

 
CHRISTIAN MELCHIOR-BONNET
Lettres du temps de guerre, 1939-1942

Lettres du temps de guerre, 1939-1942

Présenté et annoté par Alain MELCHIOR-BONNET

Préface de Michel SCHNEIDER

Rédacteur en chef du Petit Journal, organe du parti social français (P.S.F.) du colonel de La Rocque, conseiller littéraire chez Flammarion, Christian Melchior-Bonnet adresse, de septembre 1939 à avril 1942, une correspondance journalière à sa femme, restée en province lors de la déclaration de guerre.

Relation sur le moment présent et sur la vie quotidienne, rapport sur l'opinion et sur les conditions d'existence de la presse, analyse de la situation internationale, réflexion sur le gouvernement, tableau du comportement et des exigences de l'occupant, regard sur la collaboration, cette correspondance constitue un rare document d'histoire. Ecrite au fil de la plume, elle montre les réactions à vif d'un homme peu à peu amené à s'interroger sur le régime institué par l'Etat français et à mesurer le prix de plus en plus élevé de l'Occupation.

Au cœur d'un réseau dense de relations — François Mauriac, Paul Morand, Roger Martin du Gard, Henry de Montherlant et bien d'autres — ces lettres permettent de mieux comprendre l'ambiance morale et le climat intellectuel de ces années noires.

Christian Melchior-Bonnet fut directeur littéraire de plusieurs maisons d’édition et fondateur de la revue Historia.

280 p., 21 euros, 1999, ISBN 2-911416-22-8

 
ODETTE CARASSO
 
Arthur Meyer, Directeur du Gaulois

Arthur Meyer, Directeur du Gaulois

Un patron de presse juif, royaliste et antidreyfusard

Préface de Pierre ALBERT

« Fondateur et directeur du prestigieux Gaulois » — journal conservateur, absorbé par Le Figaro en 1929 — constitue le grand titre de noblesse d'Arthur Meyer. Personnage omniprésent du monde de la presse et de la politique, aimé, critiqué, honni, ce petit-fils de rabbin suivra un parcours atypique et deviendra, au cours des années, royaliste, antidreyfusard et catholique.

Désireux de lancer un quotidien, il fait fortune à la Bourse et, boulevardier notoire, crée le Musée Grévin en 1881. Important acteur de l'affaire Boulanger, il complote aux côtés de la duchesse d'Uzès pour le retour de la monarchie. Offensé par les violentes insultes antisémites de Drumont, il se bat en duel avec l'auteur de La France juive. Cet antidreyfusard convaincu, converti au catholicisme en 1901, reste pourtant la cible privilégiée de L'Action française. Marié tardivement à une jeune aristocrate, ami des princes et des artistes telle Sarah Bernhardt, Arthur Meyer aura eu surtout pour passion le journalisme et dirigera Le Gaulois jusqu'à sa mort, en 1924.

Odette Carasso est la petite fille d'Arthur Meyer.

256 p., 20 euros, 2003, ISBN 2-911416-75-9

ZACHARIE BAQUÉ
Journal d'un poilu, août 1914-décembre 1915
Journal d'un poilu

août 1914-décembre 1915

Présentation d'Henri Castex

Zacharie Baqué, instituteur dans le Gers, fait toute la guerre de 14-18 au 288° régiment d'infanterie. À son retour, soucieux de laisser un témoignage vrai sur les terribles épreuves passées, il entreprend de réunir les lettres écrites au cœur de l'action et adressées quotidiennement à sa famille : « Je n'ai presque rien retouché, laissant à chaque lettre sa saveur propre, dénotant l'endroit d'où elle partait : trou d'obus, sape profonde ou village de repos… Je n'ai aucune prétention littéraire, je veux seulement essayer de noter pour ceux qui me liront la vie intime aux sentiments si divers et aux heures si différentes de ceux qui furent vraiment mêlés de près au grand drame. À défaut d'autres mérites, ces notes auront celui de raconter des scènes vraies, des impressions sincères, d'être un reportage vécu et vivant. »

Zacharie Baqué connaîtra les pires combats, ceux de la Marne, de Verdun, du bois de Saint-Rémy — il décrit là avec précision les circonstances de la mort de son compagnon, le lieutenant Alain-Fournier, l'auteur du Grand Meaulnes, qui tomba sous ses yeux. Zacharie Baqué sera démobilisé le 15 février 1919.

224 p., 19 euros, 2003, ISBN 2-911416-90-2

 
THIERRY HARDIER & JEAN-FRANCOIS JAGIELSKI
 
 Combattre et Mourir pendant, la Grande Guerre (1914-1925)

Combattre et Mourir pendant

la Grande Guerre (1914-1925)

Préface de Guy PEDRONCINI

Première guerre moderne, la guerre de 14-18 connut sans conteste un degré de violence jamais atteint. La volonté de destruction massive et planifiée de l'adversaire s'appuya sans compter sur des armes tout à la fois classiques et nouvelles et la mort régna partout : dans la tranchée, à l'arrière, mort immédiate, mort lente après plusieurs jours d'agonie, mort héroïque pendant la charge ou moins « glorieuse » par suicide ou exécution pour l'exemple...

S'appuyant sur un très riche travail d'archives françaises et allemandes, Thierry Hardier et Jean-François Jagielski restituent ici les causes et les circonstances des décès des combattants et étudient la perception de la mort pendant et après la guerre. Ils décrivent les grandes difficultés qui survinrent face à l'ampleur du massacre — localisation et ramassage des cadavres, inhumations, commerce autour de la mort, organisation du souvenir et du culte des morts... — et soulignent que la mort fut peut-être plus présente dans l'après-guerre que durant le conflit lui-même : les innombrables monuments commémoratifs de nos villes et de nos villages en témoignent et montrent assez que cette terrible guerre appartient bien à un « passé qui ne passe pas »

Prix Afforty 2002.
Thierry Hardier est doctorant en histoire contemporaine.
Jean-François Jagielski est historien et enseignant.

376 p., 22 euros, 2001, ISBN 2-911416-56-2

 
PAUL TUFFRAU
 
 1914-1918, Quatre années sur le front, Carnets dxun combattant

1914-1918, Quatre années sur le front

Carnets d’un combattant

Préface de Stéphane AUDOIN-ROUZEAU

Jeune Normalien, ami de Romain Rolland, Paul Tuffrau fait toute la guerre 14-18 sur le front. Acteur réfléchi, observateur lucide, il décrit dans ses Carnets la fièvre de la mobilisation, les terribles batailles où il se trouve engagé — dans les secteurs de la Marne, de Soissons, en Artois, à Verdun, au Chemin des Dames... — et la dure vie des tranchées.

Paul Tuffrau sait voir, écouter, raconter et, en dépit de la réalité infernale, il garde son humanité. Au quotidien éprouvant, douloureux, se mêlent des moments de réflexion, de méditation, de rêveries... Malgré le feu des balles, des obus et des grenades, alors qu'il lui faut « marcher » pour avancer sur l'effroyable chaos de morts, il reste sensible à la douceur du printemps, au charme des villages traversés. Constatant à maintes reprises l'incompétence des généraux et l'inutilité des sacrifices, il ne retient pas ses larmes quand la mort frappe l'un des siens et éprouve la même compassion pour l'Allemand fauché trop tôt.

Remarqué par le général Mangin pour ses qualités de chef, il refusera d'être rattaché à l'état-major, et demeurera sur le front, avec ses hommes, jusqu'à la fin de la guerre. Paul Tuffrau sera démobilisé en mars 1919 : « La vie reprend, les choses sont les mêmes, nous seuls avons changé », écrit-il à son retour. Illustrations.

296 p., 20 euros, 1998, ISBN 2-911416-16-3

 
HENRI CASTEX
 
 Verdun, années infernales

Verdun, années infernales

Lettres d'un soldat au front

Le 21 février 1916, à Verdun, se livrait l'une des plus sanglantes batailles de l'Histoire, suivie de l'offensive du Chemin des Dames, un an plus tard.

La correspondance d'Anatole Castex — qui appartenait au même corps d'armée que le romancier Alain-Fournier —, écrite au front et récemment découverte par son fils, Henri Castex, permet de saisir sur le vif ce que furent au quotidien ces années terribles.

Ces lettres nous apprennent qu'en fait, dès août 1914, des régiments entiers furent sacrifiés à proximité de Verdun, au cours de combats en rase campagne, puis s'enterrèrent pendant près de deux ans dans les tranchée boueuses.

Témoignages émouvants, ces écrits du jeune capitaine Castex, adressés à son épouse et à sa sœur, nous font mieux comprendre l'état d'esprit d'une génération : nous plongeons, au fil de mois d'espoir et de souffrance, au cœur du drame de ces « poilus », courageux, épuisés par le froid, les veilles et l'angoisse de la mort.

Prix de l'Académie française.

Henri Castex, historien, est spécialiste de la Première Guerre mondiale ;
il publie ici les lettres de son père.

176 p., 18 euros, 1996, ISBN 2-911416-01-5

 
HENRI CASTEX
 
 L'Affaire du Chemin des Dames

L'Affaire du Chemin des Dames

Les Comités secrets (1917)

Après le terrible désastre du Chemin des Dames, où des milliers de soldats sont envoyés à la mort, le 16 avril 1917, par un état-major aveugle et entêté, les élus du pays se réunissent en Comités secrets. La vérité, bien entendu non divulguée, éclate alors dans les lieux calfeutrés du Pouvoir — à la Chambre des députés, du 29 juin au 7 juillet 1917, puis au Sénat, du 19 au 21 juillet 1917.

Au cours de ces débats, députés et sénateurs — dont certains reviennent du front — reconnaissent l'incompétence criminelle du général Nivelle, indifférent aux pertes humaines et, cependant, jamais désavoué officiellement, tout comme ils dénoncent la dure répression des innombrables mutineries. Ils révèlent également la carence totale des services de santé : poilus mutilés oubliés hors des baraquements, exposés à la pluie et au froid, prise d'assaut des trains sanitaires par certains blessés, monstrueuse expérimentation des vaccins antitétaniques sur les soldats sénégalais... Et bien d'autres informations stupéfiantes seront dévoilées lors de ces tumultueuses journées.

Un gigantesque ossuaire pour rien, et l'impunité pour les responsables militaires et politiques. « Nous ne pouvons dire ces choses que parce que nous sommes entre nous », déclare un député. Et, en effet, après la tenue de ces Comités, le mensonge, la vérité officielle, reprennent leurs droits. Les procès-verbaux de ces séances à huis clos n'ont jamais été publiés, si ce n'est au Journal officiel, bien après la guerre — certains, incomplets, paraîtront seulement en 1968. Henri Castex, comblant ici ou là les lacunes, apporte des commentaires éclairants sur ces débats dont le pays tout entier, pourtant engagé et meurtri, resta scandaleusement exclu.

Ouvrage couronné par l'Académie française (prix Eugène Picard).

Henri Castex est historien, spécialiste de la Première Guerre mondiale.

192 p., 18 euros, 1998, ISBN 2-911416-14-7